Qu’est-ce que le préjudice d’angoisse de mort imminente et comment est-il indemnisé ?
Oui, le préjudice d’angoisse de mort imminente peut être indemnisé lorsqu’une victime a eu conscience de la gravité de sa situation et a légitimement envisagé sa propre mort. Pour une victime décédée, la Cour de cassation admet une réparation autonome distincte des souffrances endurées lorsqu’il n’y a pas double indemnisation. Pour une victime survivante, ce préjudice spécifique se rattache en principe aux souffrances endurées.
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Qui a préparé cette analyse sur l’angoisse de mort imminente ?
Cette analyse est publiée par l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF) pour expliquer un point particulier de l’indemnisation du dommage corporel : la reconnaissance de l’angoisse de mort imminente et son articulation avec les souffrances endurées selon que la victime décède ou survit. Le contenu s’appuie notamment sur les décisions de la Cour de cassation citées en sources. Pour connaître l’association, son équipe rédactionnelle, sa mission et son fonctionnement, consultez la page Qui sommes-nous ?.
Situation de la victime
Traitement retenu par la Cour de cassation
Point à démontrer
Victime décédée
Réparation autonome possible par rapport aux souffrances endurées, sans double indemnisation.
L’état de conscience et les circonstances permettant d’établir la conscience de la mort imminente.
Victime survivante
Préjudice spécifique reconnu, se rattachant en principe aux souffrances endurées.
La conscience de la gravité de la situation et la période durant laquelle la victime ne pouvait raisonnablement envisager sa survie.
Préjudice d’angoisse de mort imminente : l’essentiel à retenir
La victime doit avoir eu conscience d’une situation suffisamment grave pour envisager légitimement l’imminence de sa propre mort.
Le décès n’est pas une condition d’existence de ce préjudice : la Cour de cassation l’a expressément reconnu chez une victime survivante en 2024.
Chez la victime décédée, une réparation autonome a été admise en 2022 lorsqu’elle ne conduit pas à indemniser deux fois la même souffrance.
Chez la victime survivante, ce préjudice spécifique se rattache en principe aux souffrances endurées.
❓ FAQ — Préjudice d’angoisse de mort imminente
1. Qu’est-ce que le préjudice d’angoisse de mort imminente ?
Il s’agit de la souffrance psychique liée à la conscience d’une mort imminente. Son traitement indemnitaire dépend notamment de l’issue : pour une victime décédée, une réparation autonome peut être admise lorsqu’elle ne fait pas double emploi avec les souffrances endurées ; en cas de survie, ce préjudice spécifique se rattache en principe aux souffrances endurées.
2. Ce préjudice est-il juridiquement reconnu ?
Oui. La chambre mixte de la Cour de cassation a admis en 2022 la réparation autonome de l’angoisse de mort imminente d’une victime décédée, distinctement des souffrances endurées, lorsque l’état de conscience est caractérisé. En cas de survie, ce préjudice spécifique se rattache en principe aux souffrances endurées ; la Cour de cassation précise toutefois qu’une présentation autonome n’entraîne pas à elle seule la cassation s’il n’y a pas eu double indemnisation.
3. Dans quelles situations peut-il être invoqué ?
Accident de la route grave, chute mortelle évitée de justesse, incendie, noyade, agression violente, attentat, accident médical aigu…
Toute situation impliquant une conscience immédiate d’un risque vital.
4. Quelle différence avec les souffrances endurées ?
Les souffrances endurées indemnisent la douleur physique et psychique globale.
Le préjudice d’angoisse de mort imminente vise spécifiquement la terreur liée à l’anticipation consciente de la mort, même sur un laps de temps court.
5. Faut-il une durée minimale pour être indemnisé ?
Il n’existe pas, dans la décision de principe de 2022, de durée minimale chiffrée. Ce qui doit être caractérisé est notamment l’état de conscience de la victime au regard des circonstances et du temps pendant lequel l’angoisse a pu être éprouvée.
6. Comment prouver ce préjudice ?
Par tout moyen : circonstances de l’accident, témoignages, propos de la victime, rapports médicaux, expertises, données objectives (temps d’attente, enfermement, impossibilité de fuir).
La preuve est souvent déduite des faits.
7. Ce préjudice est-il indemnisable même si la victime survit ?
Oui. Depuis l’arrêt du 11 juillet 2024, la Cour de cassation reconnaît expressément ce préjudice spécifique chez la victime survivante dès qu’elle a conscience de la gravité de sa situation et tant qu’elle ne peut raisonnablement envisager qu’elle pourrait survivre. Il se rattache en principe au poste des souffrances endurées.
8. Quels montants peuvent être accordés ?
Il n’existe pas de barème légal propre à ce préjudice. Son évaluation dépend des circonstances établies dans chaque dossier, notamment de l’état de conscience et de la durée pendant laquelle l’angoisse a pu être ressentie.
9. L’assureur indemnise-t-il spontanément ce préjudice ?
Il ne faut pas présumer de la position de l’assureur. Lorsque les faits permettent de caractériser cette souffrance, elle doit être documentée et présentée dans la demande d’indemnisation selon le régime applicable.
10. Pourquoi se faire assister par un avocat ?
Un avocat en réparation du dommage corporel peut aider à qualifier le préjudice, réunir les éléments de preuve et déterminer s’il doit être présenté de façon autonome ou dans les souffrances endurées.