Souffrances endurées calcul bareme


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⚠️ La mise en garde réglementaire de l’AIVF (Le piège du Pretium Doloris sans AIPP)

« Il est fondamental de comprendre que les **souffrances endurées (Pretium Doloris) n’indemnisent la douleur que du jour de l’accident jusqu’à la date de la consolidation médicale**. Au-delà de cette date, toutes les douleurs chroniques futures sont légalement incluses dans le taux d’AIPP (Incapacité Permanente) ou DFP. Attention : dans les dossiers de blessures légères ou moyennes, les médecins experts des assurances utilisent un piège redoutable. Ils préfèrent gonfler légèrement la note des souffrances endurées mais retenir un taux d’AIPP de 0 %. À court terme, la victime reçoit un chèque global similaire et se croit correctement indemnisée. Techniquement, la différence est pourtant dramatique ! Si votre état de santé se dégrade des années plus tard, il sera strictement impossible de rouvrir votre dossier pour aggravation : l’AIPP étant nulle, l’assureur considèrera juridiquement que vous étiez totalement guéri lors de la signature. Ne signez jamais une quittance sans un taux d’AIPP protégeant votre avenir. »

Évaluées par le médecin expert sur une échelle médico-légale allant de 1/7 à 7/7, les souffrances endurées réparent l’intégralité des douleurs physiques et psychiques subies par la victime entre le jour de l’accident et sa consolidation médicale. En l’absence de barème financier légal unique, le montant des indemnités est déterminé de manière personnalisée en se référant exclusivement aux tendances de la jurisprudence actuelle des cours d’appel.

Présentation de la vidéo et de la page sur les Souffrances endurées

Les souffrances endurées, autrefois appelées prétium doloris, constituent l’un des principaux postes de préjudice indemnisables en matière de dommage corporel. Elles ont pour objet de réparer l’ensemble des douleurs physiques et psychologiques ressenties par la victime entre la date de l’accident et la consolidation de son état de santé. Pourtant, de nombreuses victimes ignorent encore comment ce préjudice est évalué, à quoi correspond la cotation de 1/7 à 7/7 retenue par les médecins experts et quels critères influencent réellement le montant de leur indemnisation. Dans cette vidéo et sur cette page, nous vous expliquons de manière simple et concrète le rôle de l’expertise médicale, le fonctionnement de l’échelle d’évaluation des souffrances endurées, les barèmes indicatifs habituellement utilisés ainsi que les principaux éléments pris en compte pour apprécier ce poste de préjudice. Vous découvrirez également les erreurs les plus fréquentes susceptibles de conduire à une sous-évaluation de votre indemnisation et les précautions à prendre afin de défendre efficacement vos droits.

Le texte de la vidéo a été rédigé par Madame GOMETZ, experte en indemnisation du dommage corporel.

Auteur de la page Luc Morin — Rédacteur de l’AIVF

Ancien inspecteur spécialisé dans l’indemnisation des dommages corporels, Luc Morin possède une solide expérience du fonctionnement interne des compagnies d’assurances. Au cours de sa carrière, il a notamment exercé les fonctions de Coordinateur Catastrophes Naturelles auprès de l’Assemblée Plénière des Sociétés d’Assurances Dommages (APSAD) et est intervenu comme expert auprès des compagnies d’assurances dans le traitement de dossiers complexes, notamment en matière de vols et de dégâts des eaux. Aujourd’hui responsable technique bénévole de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AIVF), il met son expérience au service de l’information et de l’accompagnement des victimes afin de leur permettre de mieux comprendre leurs droits à indemnisation. Qui Sommes Nous ?

 

❓ FAQ — Souffrances endurées : calcul et barème d’indemnisation

1. Que signifie souffrances endurées (SE) ?
Avis technique AIVF : Il s’agit du préjudice extrapatrimonial temporaire subi entre l’accident et la consolidation : douleurs physiques, interventions médicales, hospitalisations, rééducation, anxiété et retentissement psychologique.
2. Existe-t-il un barème officiel ?
Avis technique AIVF : Non. Il n’y a pas de barème légal unique. Les souffrances sont évaluées sur une échelle médico-légale (généralement de 1/7 à 7/7) et valorisées selon la jurisprudence locale et nationale.
3. Comment fixe-t-on la cotations ?
Avis technique AIVF : L’expert médical attribue une note (de 1/7 = très léger à 7/7 = très important) en tenant compte de la nature des lésions, du nombre et de la lourdeur des opérations, de la durée d’hospitalisation et du retentissement psychologique.
4. Quelle est la fourchette des montants ?
Avis technique AIVF : Elle varie selon la jurisprudence : par exemple, 1/7 peut correspondre à quelques centaines/milliers d’euros ; 7/7 à plusieurs dizaines voire centaines de milliers d’euros. Les montants dépendent du ressort et des éléments du dossier.
5. Différence avec le DFP (déficit fonctionnel permanent)
Avis technique AIVF : Les souffrances endurées concernent la période avant consolidation. Le DFP évalue les séquelles définitives après consolidation. Ce sont deux postes distincts qui ne doivent pas être confondus ni doublonnés.
6. Quelles preuves fournir ?
Avis technique AIVF : Rapports médicaux, comptes rendus d’hospitalisation, prescriptions, attestations, carnets de douleur, témoignages de proches pour illustrer le vécu quotidien et les souffrances psychologiques.
7. L’indemnisation est-elle forfaitaire ?
Avis technique AIVF : Non. Elle est personnalisée, adaptée à la gravité et à la durée des souffrances. Les assureurs proposent parfois des barèmes internes, mais ils peuvent être contestés et négociés.
8. Quelle est l’importance de la jurisprudence ?
Avis technique AIVF : La jurisprudence fixe des tendances de montants pour chaque niveau de cotation. Elle varie selon les cours d’appel. D’où l’intérêt de s’appuyer sur un avocat spécialisé pour maximiser l’évaluation. Le réseau AIVF peut orienter vers des praticiens compétents.
9. Comment optimiser l’indemnisation des SE ?
Avis technique AIVF : Documenter les douleurs et hospitalisations, demander un médecin-conseil de victimes lors de l’expertise, chiffrer selon la jurisprudence locale, contester une cotation trop faible. Le réseau AIVF propose un accompagnement par des avocats compétents.
10. Pièges fréquents à éviter
Avis technique AIVF : Confondre souffrances endurées avec DFP, accepter une offre forfaitaire sans détail, oublier les souffrances psychologiques, ne pas contester un niveau de cotation trop bas, aller en expertise sans médecin-conseil.


⚠️ MISE EN GARDE IMPORTANTE – PROTECTION JURIDIQUE

La protection juridique, aussi appelée garantie Défense-Recours,
n’est pas une défense indépendante.
Dans la majorité des cas, l’assureur est à la fois payeur et défenseur,
ce qui crée un conflit d’intérêts défavorable à la victime.

👉 Cette garantie peut servir à financer certains frais
(avocat, expertises, procédures), mais elle ne garantit pas une défense efficace.
Il est essentiel de choisir soi-même des professionnels totalement indépendants.

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Souffrances endurées calcul barème

Barème indicatif d’indemnisation des souffrances endurées. Attention : il s’agit ici du chiffrage financier des souffrances endurées, c’est-à-dire une fois que le chiffrage médico-légal a été fait par le médecin expert. Celui évalue dans une fourchette de 1 à 7 l’importance des souffrances endurées. Ce chiffrage concerne la période du jour de l’accident à la date de consolidation. Pour l’avenir, les souffrances endurées sont comprises dans le chiffrage de l’AIPP. Voir comment évaluer les souffrances endurées

Description médico-légale des souffrances endurées

Souffrances endurées 0,5/7 Brève hospitalisation ou surveillance médicale (dizaine de jours)  ou geste chirurgical modéré ne nécessitant pas de séances de rééducation.
Souffrances endurées 1/7 Hospitalisation allant de 0 à 1 jour avec geste chirurgical modéré sous anesthésie générale, traitement antalgique ou anxiolytique pour quelques semaines, quelques séances de rééducation, courte immobilisation
Souffrances endurées 1,5/ 7 Durée d’hospitalisation allant de 1 à 2 jours, immobilisation d’un des membres ou du cou pour une durée de 2 à 3 semaines et séances de rééducation de 5 à 10 séances.
Souffrances endurées 2/7 Durée d’hospitalisation allant de 1 à 2 jours, immobilisation d’un des membres pour une durée de 2 à 6 semaines et séances de rééducation de 10 à 15 traitements psychotrope durant 6 mois
Souffrances endurées 2,5/7 Durée d’hospitalisation allant de 2 à 5 jours et immobilisation de 3 semaines à 1 mois, geste chirurgical sous anesthésie locale ou générale, rééducation de 15 à 20 séances, traitement psychotrope pendant six mois et/ou une thérapie pour une durée d’un an
Souffrances endurées 3/7 Durée d’hospitalisation allant de 5 à 10 jours avec immobilisation de 1 à 2 mois, intervention sous anesthésie générale ou locale, rééducation de 30 séances, traitement psychotrope et thérapie durant un an.
Souffrances endurées 4/7  Durée d’hospitalisation allant de 1 à 2 mois, multiples interventions chirurgicales sous anesthésie générales et immobilisation durant plusieurs mois et séances de rééducation pendant plusieurs mois en centre
Souffrances endurées 5/7 Durée d’hospitalisation allant de 2 à 6 mois avec multiples interventions chirurgicales dans une période de 2 à 9 mois et rééducation de plus de six mois
Souffrances endurées 6/7 Durée d’hospitalisation jusqu’à un an avec multiples interventions chirurgicales et séances de rééducations importantes.
Souffrances endurées 7/7 pour les situations les plus importantes. (incapacités totales prolongées).

📊 Barème indicatif d’indemnisation financière des Souffrances Endurées

Ce tableau croise la description médico-légale clinique avec la valeur financière moyenne allouée par la jurisprudence des cours d’appel.

Cotation Expert Description Clinique Typique (Période pré-consolidation) Tendance Indemnitaire
0,5 / 7 – Très très léger Surveillance médicale, geste chirurgical très modéré. Jusqu’à 1 000 €
1 / 7 – Très léger Hospit. courte, geste modéré, rééducation légère. Environ 1 000 € à 1 500 €
1,5 / 7 – Entre très léger et léger Hospit. 1-2 jours, immobilisation, séances de rééducation. 1 500 € à 2 000 €
2 / 7 – Léger Hospit., immobilisation 2-6 semaines, rééducation ou traitement. 2 000 € à 3 500 €
2,5 / 7 – Entre léger et modéré Hospit. 2-5 jours, chirurgie, rééducation ou thérapie. 3 500 € à 4 500 €
3 / 7 – Modéré Hospit. 5-10 jours, chirurgie, rééducation, thérapie (1 an). 4 500 € à 6 000 €
4 / 7 – Moyen Hospit. 1-2 mois, interventions, rééducation longue. 6 000 € à 10 000 €
5 / 7 – Assez important Hospit. lourde 2-6 mois, rééducation intensive. 10 000 € à 15 000 €
6 / 7 – Important Hospit. longue, chirurgie réparatrice, rééducation quotidienne. 20 000 € à 30 000 €
7 / 7 – Très important Polytraumatismes, brûlures, gravité exceptionnelle. 30 000 € et plus

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Conseils de l’Association sur le barème d’indemnisation des souffrances endurées

Le fait est qu’il existe bien des barèmes d’indemnisation. Cependant, il convient de savoir que jamais, il ne s’agit de barèmes officiels : la loi ne prévoit pas de barème d’indemnisation pour les souffrances endurées. La loi laisse le juge libre de décider de l’indemnisation qui lui semble correcte. Le fait est cependant, dans le concret, qu’il existe des barèmes. Chacun fait le sien. Les assureurs ont des barèmes, les cours de justice ont des barèmes, les associations ont des barèmes… Le fonds de garantie aussi utilise des barèmes indicatifs. Ces barèmes pour être « justes » doivent en fait correspondre à la jurisprudence habituelle, c’est-à-dire à l’ensemble des décisions judiciaires qui ont déjà été rendues concernant le chiffrage des souffrances endurées. Un barème d’indemnisation des souffrances endurées est donc toujours une tendance plus ou moins juste de ce qui se pratique habituellement. Il n’a pas d’autre valeur.

💬 Cas Pratiques & Demandes de Victimes — Pretium Doloris 

Voici les réponses synthétiques de nos délégués face aux dossiers de chiffrage des douleurs en France :

🔹 Cas n°1 : Choc psychologique et Pretium Doloris après un tonneau (Secteur Grand Est — Reims)

    • Question (Mme G.) : « Un chauffard a percuté ma voiture en stationnement à Reims. Ma voiture est épave. Sans blessure physique, le traumatisme psychologique me donne-t-il droit à un Pretium Doloris de niveau 1 ? »
    • Réponse de l’AIVF : Non. Le Pretium Doloris exige un impact corporel direct ou un choc post-traumatique lié à des lésions physiques. L’angoisse matérielle constitue un préjudice moral indirect, mais n’ouvre pas droit au barème médico-légal des souffrances endurées.

🔹 Cas n°2 : Contestation d’un Pretium Doloris après triple chirurgie (Secteur Grand Est — Metz)

    • Question (M. X – Tél : 0767261873) : « Suite à un accident à Metz, j’ai subi une laparotomie et deux arthrodèses L1-L5. L’expert de l’assurance me donne un Pretium Doloris de 4/7. Est-ce juste au vu de mes trois opérations ? »
    • Réponse de l’AIVF : Non, c’est sous-évalué. Trois chirurgies lourdes avec complications et un an de rééducation justifient une cotation minimale de 5/7 (Assez important). L’AIVF vous oriente vers un médecin de recours pour imposer une contre-expertise contradictoire.

🔹 Cas n°3 : Évaluation du Pretium Doloris après psychiatrisation (Secteur Normandie — Caen / Rouen)

    • Question (Mme V.) : « Victime d’erreurs médicales et d’un placement psychiatrique abusif, je souffre d’un stress post-traumatique sévère. Sans expertise à ce jour, puis-je évaluer moi-même mon taux de souffrances endurées ? »
    • Réponse de l’AIVF : Non. Le Pretium Doloris doit être validé cliniquement sur une échelle de 1 à 7 par un expert neutre. L’association vous aide à désigner un avocat spécialiste en droit public pour faire ordonner une expertise médicale officielle.

🔹 Cas n°4 : Souffrances neurologiques et perte d’agrément (Secteur Nouvelle-Aquitaine — Libourne / Bordeaux)

    • Question (Mme M.) : « Ma mère a subi une atteinte du nerf sciatique lors d’une chirurgie à l’hôpital de Libourne, entraînant une paralysie du pied. Comment indemniser ses souffrances et l’arrêt de la randonnée ? »
    • Réponse de l’AIVF : Les douleurs de la paralysie entrent dans le Pretium Doloris. L’impossibilité de pratiquer la marche relève du Préjudice d’Agrément. Nous saisissons la CCI pour chiffrer séparément et équitablement ces deux postes.


1. Analyse du Rapport d’Expertise Médicale

Il est crucial de revoir attentivement le rapport d’expertise médicale. Bien que ce rapport indique « pas de séquelles », il mentionne également des souffrances endurées de 2 sur 7. Votre douleur persistante et la gêne pour certaines activités doivent être prises en compte. Nous pouvons demander une révision ou une complémentaire d’expertise pour mieux évaluer ces éléments.

2. Demander une Contre-Expertise Médicale

Vous avez le droit de demander une contre-expertise médicale. Cette nouvelle évaluation peut être réalisée par un médecin expert indépendant. La contre-expertise peut fournir une évaluation plus précise de vos douleurs et des limitations fonctionnelles, renforçant ainsi votre demande d’indemnisation.

3. Évaluation des Préjudices

Outre les souffrances physiques, il est important de documenter tous les préjudices subis, y compris :

  • Préjudice d’Agrément : La gêne pour réaliser vos activités de jardinage.
  • Préjudice Professionnel : Toute perte de revenus ou diminution de votre capacité de travail.
  • Préjudice Moral et Psychologique : L’impact émotionnel de vos douleurs et limitations.

4. Négociation avec l’Assureur

Avec les éléments de la contre-expertise et une documentation détaillée de vos préjudices, nous pourrons engager des négociations avec l’assureur. Il est souvent possible d’obtenir une indemnisation plus élevée par le biais de discussions et de preuves solides.

5. Procédure Judiciaire

Si l’assureur refuse de revoir son offre, il est envisageable d’engager une procédure judiciaire. Un tribunal pourra alors évaluer votre demande et déterminer une indemnisation plus juste en fonction des preuves présentées.

Avis de l’association AIVF sur les souffrances endurées

Dans votre cas, il faut distinguer le chiffrage du rapport d’expertise du chiffrage financier. Vous indiquez qu’il vous reste des douleurs. Cela signifie à priori qu’il vous reste des séquelles et en ce cas, vous auriez dû avoir une AIPP de retenu. Il semble donc judicieux de prévoir une expertise contradictoire afin de chiffrer correctement l’ensemble des postes de préjudice. Concernant le chiffrage à 2/7 des souffrances endurées, indépendamment du problème des séquelles non retenues par le médecin expert, le chiffrage financier est plutôt de l’ordre de 2500 voir 2800 euros. Quant au barème de l’assureur, sachez que cela n’existe pas. S’il a un barème, c’est le sien et cela n’engage que lui. Le seul repère qui vaille est en fait la jurisprudence. Vous pouvez donc argumenter en lui expliquant que son barème ne vous intéresse pas, que ce que vous retenez, vous, c’est l’ensemble des décisions judiciaires.

⚖️ Jurisprudence — Souffrances endurées

Définition du préjudice
Cass. civ. 2e, 2 avr. 2015, n° 14-16.416
Cour de cassation, 2e chambre civile

Les souffrances endurées indemnisent les douleurs physiques et morales subies par la victime entre la date du fait dommageable et la consolidation de son état.
Elles constituent un poste de préjudice extra-patrimonial distinct du déficit fonctionnel permanent.

Principe de réparation intégrale
Cass. civ. 2e, 28 mai 2009, n° 08-16.133
Cour de cassation, 2e chambre civile

La réparation des souffrances endurées doit être intégrale, sans perte ni profit pour la victime.
Le juge évalue leur intensité sur une échelle de 1 à 7 selon les conclusions de l’expert médical, sans les confondre avec les autres préjudices corporels.

Souffrances morales et physiques
Cass. civ. 2e, 10 déc. 2009, n° 08-21.799
Cour de cassation, 2e chambre civile

Les souffrances endurées comprennent à la fois les douleurs physiques liées aux soins, interventions ou rééducations, et les souffrances morales liées à la perte d’autonomie, à l’angoisse ou à la dégradation de l’image corporelle.

Évaluation judiciaire
Cass. civ. 2e, 28 févr. 2019, n° 18-11.680
Cour de cassation, 2e chambre civile

L’évaluation des souffrances endurées relève du pouvoir souverain des juges du fond, sur la base du rapport d’expertise.
Leur intensité ne dépend pas de la durée de l’hospitalisation seule, mais de l’ensemble du vécu douloureux de la victime.

Souffrances exceptionnelles et indemnisation aggravée
Cass. civ. 2e, 3 févr. 2022, n° 20-19.833
Cour de cassation, 2e chambre civile

Lorsque les souffrances subies sont d’une intensité exceptionnelle (multiples opérations, rééducation prolongée, perte de mobilité), une indemnisation aggravée peut être allouée.
Le juge peut majorer le montant au-delà des barèmes indicatifs en raison de la gravité du vécu de la victime.

📌 L’essentiel à retenir — Souffrances endurées calcul barème

  • Définition du poste : Les souffrances endurées réparent l’ensemble des douleurs physiques et psychologiques subies depuis le jour du sinistre jusqu’à la date de la consolidation médicale.
  • Échelle médico-légale : L’intensité est chiffrée par le médecin expert sur une échelle allant de 1/7 (très léger) à 7/7 (très important) en fonction des chirurgies, soins et traumatismes.
  • Absence de barème officiel : Il n’existe aucun barème financier légal imposé par la loi. Seule la jurisprudence des cours d’appel sert de repère pour fixer les montants.
  • Distinguer des autres postes : Ce préjudice est strictement temporaire et ne doit jamais être confondu ni doublonné avec le Déficit Fonctionnel Permanent (DFP / AIPP) qui indemnise les séquelles définitives.
  • Rôle de la contre-expertises : Les barèmes des compagnies d’assurances sont unilatéraux. L’assistance d’un médecin de recours indépendant est essentielle pour contester une cotation trop basse et optimiser le chiffrage.

📚 Sources et Références de recours — Souffrances endurées

⚖️ Autonomie du poste (Cass. civ. 2ème, 2 avril 2015, n° 14-16.416) :
La Cour de cassation confirme que les souffrances endurées (pretium doloris) constituent un poste autonome, distinct du déficit fonctionnel, évaluant les douleurs physiques et morales de l’accident à la consolidation.

⚖️ Réparation intégrale (Cass. civ. 2ème, 28 mai 2009, n° 08-16.133) :
Principe selon lequel le juge évalue souverainement l’intensité du préjudice sur l’échelle de 1 à 7, sur la base des conclusions de l’expert, sans être lié par les offres des assureurs.

⚖️ Composantes des douleurs (Cass. civ. 2ème, 10 décembre 2009, n° 08-21.799) :
Jurisprudence précisant que le poste inclut les souffrances physiques liées aux soins et les souffrances morales (angoisse, perte d’autonomie) subies durant la période d’incapacité.

⚖️ Évaluation judiciaire (Cass. civ. 2ème, 28 février 2019, n° 18-11.680) :
L’évaluation financière du préjudice est laissée à l’appréciation souveraine des juges du fond, se basant sur le vécu douloureux de la victime plutôt que sur la seule durée d’hospitalisation.

⚖️ Indemnisation renforcée (Cass. civ. 2ème, 3 février 2022, n° 20-19.833) :
Possibilité d’une indemnisation majorée en cas de souffrances exceptionnelles, justifiée par un parcours de soins particulièrement lourd ou douloureux.

📜 Nomenclature Dintilhac :
Référentiel officiel classant les souffrances endurées comme un préjudice extrapatrimonial temporaire, base de la mission de l’expert de recours pour contrecarrer les évaluations unilatérales.


🔗 Poursuivre votre parcours d’indemnisation — Les 3 étapes clés 

Pour approfondir votre défense et maîtriser le calcul de vos préjudices, l’équipe technique de l’AIVF vous conseille d’activer les trois maillons suivants de notre réseau documentaire : 
  • Maillon 1 — La Nomenclature de Référence : Le chiffrage des postes selon la Nomenclature Dintilhac
    Comprenez comment les souffrances endurées s’articulent avec les autres préjudices temporaires avant consolidation, pour éviter que l’assureur ne fusionne indûment vos douleurs physiques et morales avec d’autres postes.
  • Maillon 2 — L’Impact Futur : L’évaluation de l’AIPP et du Déficit Fonctionnel Permanent (DFP)
    Découvrez comment basculer du chiffrage des douleurs temporaires (Pretium Doloris) vers l’indemnisation des douleurs définitives et des séquelles anatomiques qui persisteront tout au long de votre vie après la consolidation.
  • Maillon 3 — La Voie Contentieuse : Comment contester une offre d’indemnisation insuffisante ?
    Apprenez les règles juridiques pour rejeter officiellement la proposition financière unilatérale de la compagnie d’assurance lorsque le montant alloué à votre note de 1/7 à 7/7 ne correspond pas à la jurisprudence actuelle.

 

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