❓ FAQ — Déficit Fonctionnel Permanent (DFP/AIPP) : barème, méthode & pièges
1. DFP, AIPP, IPP : quelles différences ?
2. À quoi sert le barème ?
3. Comment l’expert évalue le DFP ?
4. Taux en % ou en points : c’est pareil ?
5. Âge, état antérieur, profession : ont-ils un impact ?
6. DFP vs autres postes Dintilhac
7. Barèmes et exemples indicatifs
8. Contestation d’un taux jugé trop bas
9. Impact du DFP sur le montant
10. Pièges fréquents à éviter
Barème du Déficit fonctionnel DFP permanent explication
Le déficit fonctionnel permanent correspond à l’incapacité définitive restant à la victime après la consolidation de son état. Il n’existe pas de barème officiel prévu par la loi pour le chiffrage de ce préjudice. Le déficit fonctionnel permanent est en effet chiffrable en fonction de la jurisprudence, c’est-à-dire en fonction des différentes décisions judiciaires ayant déjà eu lieu au moment de l’indemnisation. Sur la base de cette jurisprudence, il est possible de réaliser un barème indiquant ainsi la tendance possible pour une indemnisation. Sur le présent site, vous pouvez découvrir dans les rubriques les barèmes indicatifs retenus et notamment concernant le déficit fonctionnel permanent. Cette indemnisation est prévue dans la nomenclature Dinthilac.
Voir aussi quand peut-on demander un préjudice moral ?
Essentiel sur le DFP déficit fonctionnel permanent
Le Déficit Fonctionnel Permanent (DFP), également connu sous le nom d’AIPP, est une évaluation effectuée par un médecin expert lors d’un examen médical. Le DFP est évalué une fois que votre condition médicale s’est stabilisée ou « consolidée ». Si vous souffrez de séquelles à long terme, un DFP peut être attribué. Le DFP correspond à la diminution de vos capacités physiques, cognitives et psychosensorielles. Il est évalué sur une échelle allant de 0 à 100. Si vous êtes en désaccord avec le DFP attribué par le médecin expert, vous pouvez le contester. L’indemnisation que vous recevrez pour votre DFP dépend de plusieurs facteurs, notamment votre âge, le taux attribué par le médecin expert, et la jurisprudence du tribunal qui règle le litige. Les tribunaux ne jugent pas tous de la même manière et peuvent attribuer des indemnités différentes pour un DFP similaire. Pour calculer l’indemnisation, le taux de DFP est multiplié par le prix du point. Par exemple, pour un taux de DFP de 5%, si vous avez 40 ans et que le prix du point est de 1200€, l’indemnisation serait de 6000€ (5 x 1200€). Le DFP est un préjudice permanent, qui est évalué après la consolidation de la victime. Il tient compte des souffrances endurées (pretium doloris) et inclut l’atteinte à l’intégrité psychique et physique. Cependant, il ne prend pas en compte les impacts professionnels, qui sont considérés séparément. Lors de l’évaluation médico-légale du DFP, le médecin expert effectue un examen clinique pour identifier les limitations fonctionnelles médicalement observables. Les doléances de la victime orientent également l’examen. L’analyse et l’évaluation de la diminution des capacités psychosensorielles et intellectuelles peuvent être plus délicates à évaluer, c’est pourquoi un sapiteur (un médecin spécialisé) peut être sollicité pour contribuer à cette évaluation. Voir c’est quoi la nomenclature Dintilhac ?
Exemple de barème de DFP déficit fonctionnel permanent
La somme indiquée dans chaque case correspond au prix du point. Exemple, la victime a 5 ans et 4 pour cent de déficit fonctionnel permanent. Le calcul d’indemnisation est alors de 4 fois 2310 euros soit 9240 euros.
Exemple à partir du barème de DFP déficit fonctionnel permanent
Imaginons le cas de Marie, une femme de 35 ans, qui a été victime d’un accident de voiture. Après une longue période de rééducation, son état de santé s’est consolidé, mais elle reste avec un déficit fonctionnel permanent (DFP) évalué à 20%.Marie souhaite savoir quel montant d’indemnisation elle pourrait recevoir pour ce DFP.Utilisation du tableau :Pour déterminer le montant d’indemnisation possible pour Marie, on se réfère au tableau de barème du DFP.
- Âge de Marie : 35 ans, ce qui la place dans la tranche d’âge « 31 à 40 ans ».
- Déficit Fonctionnel Permanent (DFP) : 20%, donc on cherche dans la ligne correspondante au « 16 à 20 % ».
Lecture du tableau :En croisant la ligne « 16 à 20 % » avec la colonne « 31 à 40 ans », on trouve le montant de 2,560 euros.Conclusion :Dans cet exemple, Marie, âgée de 35 ans avec un DFP de 20%, pourrait recevoir une indemnisation de 2,560 euros par point d’invalidité selon le barème indicatif.Donc 2560 x 20 = 51200€.
Déficit fonctionnel permanent (DFP) : définition, enjeux et indemnisations
Le déficit fonctionnel permanent, abrégé en DFP, correspond à l’altération durable, voire définitive, des capacités physiques, mentales ou sensorielles d’une personne à la suite d’un accident ou d’une maladie. Cette notion entre en jeu une fois que l’état de santé de la victime est considéré comme consolidé, c’est-à-dire stabilisé, même si des séquelles subsistent. Le DFP constitue alors un préjudice personnel et autonome, qui donne droit à une indemnisation distincte.
1. Comprendre la consolidation et le caractère permanent
La consolidation ne signifie pas que la personne est guérie, mais que son état de santé ne connaîtra plus d’évolution notable. À partir de ce moment, les atteintes qui demeurent deviennent des séquelles, et leur impact sur la vie quotidienne peut être estimé. C’est ce que reflète le DFP : la perte d’intégrité physique et psychique, qui touche durablement l’autonomie, le confort de vie et parfois la dignité même.
2. Le rôle de l’expertise médicale
Le taux de DFP est généralement fixé lors d’une expertise médicale, réalisée par un médecin expert. Celui-ci évalue les conséquences des séquelles sur les activités quotidiennes, en tenant compte de différents facteurs : douleur persistante, perte de mobilité, troubles sensoriels ou cognitifs, etc. Le taux est exprimé en pourcentage, de 1 % à 100 %, et peut être contesté en cas de désaccord.
3. Une indemnité pour atteinte à la personne
Le DFP n’a pas vocation à compenser une perte de revenus (contrairement aux préjudices professionnels). Il rémunère l’atteinte à l’intégrité corporelle elle-même. C’est une forme de réparation du dommage moral et existentiel causé par le handicap permanent. À ce titre, il entre dans la nomenclature des préjudices indemnisables (barème Dintilhac).
4. Quelques exemples concrets
- Une perte partielle de l’usage d’un bras peut entraîner un DFP de 15 %.
- Une paraplégie équivaudra souvent à un DFP proche de 80 %.
- Des douleurs chroniques lombaires post-traumatiques peuvent être évaluées à 5 ou 10 %.
5. Barèmes utilisés pour le calcul
Il n’existe pas de barème unique. Les juridictions se réfèrent à plusieurs sources :
- Le barème indicatif de la Cour d’appel de Paris.
- Les barèmes médicaux des compagnies d’assurance.
- Le barème Dintilhac, qui structure les postes de préjudices.
Le montant d’indemnisation variera selon l’âge de la victime, le taux retenu et la gravité de l’atteinte. Par exemple, un DFP de 10 % à 35 ans pourra générer une indemnité de 15 000 à 25 000 €.
6. Faire valoir ses droits
Il est essentiel d’être bien accompagné dans les démarches :
- Un médecin conseil peut réévaluer le taux si besoin.
- Un avocat en dommage corporel peut contester une expertise jugée défavorable.
- Il est possible de saisir un juge ou demander une contre-expertise.
Conclusion
Le déficit fonctionnel permanent est une notion complexe mais centrale pour les victimes d’accident ou d’agression. Sa bonne reconnaissance conditionne l’accès à une indemnité juste et complète. Connaître ses droits, s’entourer de professionnels et faire valoir ses séquelles avec précision est donc une étape décisive dans la réparation du dommage subi.
Exemples de questions concernant le barème du DFP déficit fonctionnel permanent
Sujet : Demande informations sur DFP
Après un accident, j’ai reçu la proposition d’indemnisation de l’assurance. La consultation chez l’expert médical mandaté par l’assurance a été faite. L’indemnisation pour un coup du lapin suite à un accident de la circulation a été estimé à 3% de dfp. Je ne me rends pas compte de ce que cela implique. J’ai effectué durant les 2 ans des séances de kiné ; et je garde une tension constante à la nuque. Ce qui amène une tension au niveau de la mâchoire et du bas du crâne. Je souhaiterais savoir si je dois consulter de nouveau et si mon état de santé est réellement consolidé ? Car aujourd’hui encore, je me reprends des rendez-vous avec un kinésithérapeute. Le dfp vous semble-t-il correct ?
Je vais être indemnisé pour infection nosocomiale
Postes de préjudice :
-150 euros et 354 euros au titre du DFTP 25% et du DFTP 15%.
–souffrances endurées : 8.281 euros
-DFP : 5.500 euros.
-frais du médecin-conseil : 1.788 euros.
-séances chez le psychologue : 300 euros..
Renseignement indemnités DFP
Je sollicite des renseignements auprès de votre association, concernant l’indemnisation du dfp proposé par mon assurance suite à un accident de voiture. Cet accident a entrainé un arrêt de travail de 3 mois, un DFP de 2%, et une consolidation le 21 avril par le médecin expert. Le montant proposé par les assurances pour le DFP me parait dérisoire au regard notamment de la gêne occasionnée durant cette période (DFT de 304 jours équivaut à 715 euros).
Autre exemple de question sur le déficit fonctionnel permanent
Accident de la circulation en tant que piéton provoqué par un véhicule dont le chauffeur n’avait pas de permis en règle ni d’assurances. J’ai été victime d’un accident de trajet en revenant de mon travail (reconnu en tant que tel par la CPAM). J’ai eu une fracture avec déplacement du tibia et du péroné avec pose d’un clou et de 3 vis que je vais conserver à vie à priori. Cet accident a entrainé un arrêt de travail à temps plein de 7 mois à temps plein et 4 mois à 40 %. Mon salaire a été maintenu par mon employeur. Je sollicite votre avis sur 2 points :
1°) Indemnisation
J’ai vu un expert médical en février à la demande du fonds de garantie et j’ai reçu une proposition du fonds de garantie. Je trouve le déficit fonctionnel permanent sous-estimé. Le déficit fonctionnel retenu ne correspond pas du tout à mon état de santé. Dois-je demander une nouvelle expertise ? Comment savoir si le déficit fonctionnel permanent a été bien estimé ? Vous trouverez en annexe l’expertise, la proposition du fonds de garantie et l’ébauche de la réponse que je souhaite envoyer.
2°) Partie civile
J’ai déposé plainte contre la personne qui m’a renversée. Nous devions passer au tribunal en février, mais le chauffard a demandé un report le jour même, car il a pris un avocat. Sa demande a été acceptée par le tribunal et la nouvelle convocation est pour le mois de novembre. Cette personne se trouvant au chômage, dois-je me porter partie civile et demander une indemnisation ? Pensez-vous que devant le tribunal, j’ai des chances que soit reconnu mon vrai déficit fonctionnel permanent ?
TAUX DE DÉFICIT PERMANENT
J’ai eu un accident de voiture non responsable sur l’autoroute l’année passée, le conducteur conduisait sans permis. J’ai eu un trauma crânien léger avec amnésie de l’accident et peut-être perte de connaissance brève et grosses douleurs à la tête et aux cervicales (cervicales non retenues d’après eux, car j’ai de l’arthrose). Sur une irm faite, il ressort des lésions axonales ; Le médecin expert de l’assurance a estimé un taux provisoire entre 8% et 15% et finalement va revoir ce taux à la baisse 6%. Est-ce que vous pensez que je peux contester ce taux.
Compensation corporelle DFP
J’ai eu un accident de voiture seul. La voiture est partie en tête-à-queue sur une partie humide de la chaussée et cela s’est terminé avec la voiture sur le côté et ma main prise entre la route et l’attache du rétroviseur. La conséquence principale a été une main de portière ou semi-amputation de la main. Avec de très bons soins au CHU de Montpellier, j’ai pu récupérer une grande partie de ma main droite. Après avoir vu l’expert médical de la GMF, il en a conclu à une « DFP qui correspond à un taux d’AIPP de 15% » dans le rapport d’expertise qu’il m’a envoyé il y a 2 semaines. Je n’ai pour l’instant rien reçu de la part de la GMF. Je viens vers vous pour avoir une idée du montant de compensation, s’il y aura une compensation afin d’accepter leurs conclusions ou non.
Accident de la route et DFP
Victime d’un accident de la route en tant que conducteur non responsable, le médecin expert a chiffré le déficit fonctionnel permanent à 12 pour cent. Âge de 32 ans, l’assureur m’indique proposer une indemnisation au titre de ce préjudice à 14000 euros. Pouvez-vous me dire si selon vous cette offre est correcte sachant que je souffre toujours du genou et donc que j’ai beaucoup de mal à travailler. Je trouve pour ma part cette somme trop faible. Y a-t-il un barème d’indemnisation à consulter ?
Réponse de l’association concernant le DFP déficit fonctionnel permanent et le barème d’indemnisation
L’offre qui vous est faite correspond à ce qu’offre les tribunaux en règle générale. Vous pouvez cependant négocier un peu à la hausse. Quant à vos douleurs, celles-ci sont comprises dans le taux de déficit permanent retenu. Vous indiquez avoir des problèmes dans votre travail. L’indemnisation du déficit fonctionnel permanent correspond à l’indemnisation du préjudice lié à l’incapacité elle-même. Il ne faut pas confondre avec les conséquences. Il vous est donc possible de négocier en plus une indemnisation concernant les répercussions dans votre travail (pénibilité au travail par exemple). Vous trouverez sur le site un barème indicatif par rapport au déficit fonctionnel permanent.
Question sur l’Expertise Médicale et le DFP
Après une intervention chirurgicale, je souffre de reflux gastrique et de digestion difficile. J’ai subi plusieurs procédures supplémentaires, et on me propose maintenant une autre opération. J’aimerais savoir si je peux obtenir une expertise médicale pour évaluer mon taux de Déficit Fonctionnel Permanent (DFP) de l’estomac.
Interrogation sur la Justesse du Taux de DFP
Après un accident de la route, j’ai subi diverses blessures et traitements. Récemment, un médecin a évalué mon Déficit Fonctionnel Permanent (DFP) à 3%. Je me demande si ce taux est correct et si je devrais accepter l’indemnisation proposée par mon assurance.
Demande d’Éclaircissement sur la Consolidation et le Préjudice Corporel
Suite à un accident de moto, je souffre de diverses complications post-accident. Bien que ma mobilité se soit améliorée, je continue à ressentir des douleurs, notamment pendant mes activités professionnelles en tant qu’étudiant infirmier. Je me questionne sur la définition de la consolidation et la prise en compte de mes douleurs dans l’indemnisation.
Évaluation de l’Indemnisation DFP Suite à un Accident
Après un accident de moto, un médecin a évalué mon DFP à 15%. Mon assureur me propose une indemnisation qui semble inférieure à ce que j’attendais. Je souhaiterais savoir si je suis obligé d’accepter leur offre ou si je peux négocier une meilleure indemnisation en fonction du barème que vous proposez.
⚖️ Jurisprudence — Déficit fonctionnel permanent
Le déficit fonctionnel permanent (DFP) correspond à la réduction définitive du potentiel physique, psychique ou sensoriel de la victime.
Il doit être indemnisé intégralement, indépendamment de toute incidence professionnelle ou économique.
Le DFP est un poste de préjudice personnel autonome.
Il ne se confond ni avec les pertes de gains professionnels, ni avec le préjudice d’agrément ou esthétique, qui doivent être évalués séparément.
Le taux du déficit fonctionnel permanent est fixé sur la base du rapport d’expertise médicale, en fonction de la nature et de la gravité des séquelles.
Le juge du fond apprécie souverainement le montant de l’indemnisation en fonction du taux retenu et de l’âge de la victime.
Le DFP n’inclut pas le préjudice moral, qui doit être réparé séparément lorsqu’il existe une souffrance morale spécifique liée à la perte d’autonomie, à la dégradation de l’image de soi ou à l’exclusion sociale.
Lorsque le déficit fonctionnel permanent entraîne une perte d’autonomie, la victime a droit à l’indemnisation du besoin d’assistance humaine.
Ce besoin doit être indemnisé à sa valeur économique réelle, indépendamment du mode de prise en charge par les proches.



