Un médecin peut engager sa responsabilité disciplinaire lorsqu’un manquement aux règles déontologiques de la profession lui est reproché. La procédure relève notamment des instances ordinales et poursuit un objectif distinct de l’indemnisation du dommage subi par le patient. Une sanction disciplinaire n’entraîne donc pas, à elle seule, une indemnisation de la victime.
Responsabilité disciplinaire du médecin : pourquoi l’AVF traite ce sujet
Après un accident médical ou une prise en charge contestée, les victimes demandent souvent si elles peuvent saisir l’Ordre des médecins et ce qu’une procédure disciplinaire peut réellement apporter. L’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF) présente ici les repères permettant de distinguer la responsabilité disciplinaire du médecin des procédures d’indemnisation et des poursuites pénales, de comprendre le rôle des juridictions ordinales et d’identifier les démarches adaptées à l’objectif recherché. Qui sommes-nous ?
Responsabilité disciplinaire du médecin : les principaux repères
| Question | Repère |
|---|---|
| Que sanctionne la procédure disciplinaire ? | Des manquements aux obligations professionnelles et aux règles de déontologie médicale. |
| Qui juge ? | Les juridictions ordinales : chambre disciplinaire de première instance puis, en cas d’appel, chambre disciplinaire nationale. |
| Quelles sanctions sont possibles ? | Notamment avertissement, blâme, interdiction temporaire d’exercer ou radiation du tableau de l’Ordre. |
| La procédure indemnise-t-elle la victime ? | Non. La sanction disciplinaire poursuit un objectif professionnel distinct de l’indemnisation du dommage. |
| Peut-elle coexister avec d’autres recours ? | Oui. Une procédure disciplinaire n’exclut pas, selon le dossier, une démarche civile, administrative ou pénale. |
Responsabilité disciplinaire du médecin : l’essentiel à retenir
- La responsabilité disciplinaire concerne le respect des règles déontologiques et professionnelles applicables aux médecins.
- Un patient qui s’estime victime peut, sous les conditions prévues par les textes, porter plainte auprès du conseil départemental de l’Ordre dont relève le médecin.
- Une conciliation intervient dans le cadre de la procédure applicable aux plaintes de patients avant la transmission à la chambre disciplinaire.
- Les sanctions ordinales sont professionnelles et ne constituent pas une indemnisation du préjudice subi.
- La voie disciplinaire peut coexister avec d’autres actions ; il faut donc choisir chaque démarche en fonction de son objectif.
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❓ FAQ — Responsabilité disciplinaire pour faute médicale du médecin
1) La responsabilité disciplinaire, c’est quoi ?
2) Dans quels cas un médecin peut-il être sanctionné disciplinairement ?
3) Qui peut saisir l’Ordre ?
4) La conciliation est-elle obligatoire ?
5) Quelle est la procédure devant la juridiction disciplinaire ?
6) Quelles sanctions peut prononcer l’Ordre ?
7) Peut-on obtenir une indemnisation via la voie disciplinaire ?
8) Quels délais et quelles preuves fournir ?
9) Pièges fréquents
10) Qui peut m’accompagner ?
Responsabilité disciplinaire pour faute médicale du médecin : explications
On traitera essentiellement la responsabilité ordinale. Elle est recherchée contre les médecins qui auront enfreint les dispositions du « code de déontologie médicale » (C.D.M.) qui constitue la référence. Le code de déontologie est d’ordre réglementaire (décret du 1er Ministre A. Juppé du 6/IX/95). Les infractions au C.D.M. relèvent de la juridiction disciplinaire de l’ordre des médecins et les seules sanctions sont de nature professionnelle :
– avertissement
– blâme
– interdiction temporaire d’exercer (avec ou sans sursis) qui ne peut excéder 3 ans
– interdiction temporaire ou permanente d’exercer une ou plusieurs fonctions médicales
– la radiation du tableau de l’ordre
La juridiction disciplinaire
La juridiction disciplinaire de l’ordre a vocation à s’appliquer à tous les médecins, quel que soit leur mode d’exercice, inscrits à un tableau départemental de l’ordre (les médecins militaires et les médecins fonctionnaires ou d’une collectivité territoriale qui n’exercent pas la médecine ne sont pas, généralement, inscrits). La chambre disciplinaire de première instance siège auprès du Conseil Régional de l’Ordre. Elle est présidée par un magistrat de l’ordre administratif (T.A – C.A.A.) honoraire ou en fonction. Elle juge les médecins inscrits au tableau des conseils départementaux de son ressort. Les séances sont publiques. Les parties peuvent se faire assister par un avocat. La chambre disciplinaire de 1ère instance doit statuer dans les 6 mois du dépôt de la plainte. Les médecins du service public (inscrits à l’ordre) ne peuvent être traduits devant la chambre disciplinaire de première instance que par le ministre de la santé, le D.D.A.S.S. ou le procureur de la république. L’appel d’une décision de la chambre disciplinaire de 1ère instance se fait devant la chambre disciplinaire nationale qui siège auprès du conseil national. Elle est présidée par un conseiller d’état. Peuvent faire appel le médecin sanctionné et le plaignant. L’appel a un effet suspensif. La chambre disciplinaire nationale peut désigner une autre chambre disciplinaire de 1ère instance si celle qui a été saisie n’a pas statué dans les 6 mois du dépôt de la plainte. Les décisions de la chambre disciplinaire nationale sont susceptibles d’un recours en conseil d’état (non suspensif). Une action disciplinaire n’est pas un obstacle à des actions devant les juridictions judiciaires et administratives. L’engagement de poursuites pénales ne suspend pas l’action disciplinaire (l’ordre peut statuer). Une condamnation pénale impose la mise en route d’une procédure disciplinaire. Un acquittement au pénal peut laisser subsister la faute disciplinaire si cet acquittement n’est pas fondé sur l’inexistence des faits (ex. médecin qui a pratiqué une euthanasie, peut être acquitté aux assises, mais condamné sur le plan ordinal : art 38 C.D.M. « il n’a pas le droit de provoquer délibérément la mort »). La juridiction disciplinaire ne peut contester la matérialité des faits qui ont l’autorité de la chose jugée au pénal, mais elle a toute latitude pour qualifier ces faits au regard des règles déontologiques. Il faut également savoir qu’en cas d’exposition des patients à un danger grave le préfet du département peut procéder à une suspension d’urgence d’un médecin libéral, les médecins hospitaliers pouvant l’être par le directeur de l’établissement. Cette suspension peut être prononcée pour une durée maximale de 5 mois (le médecin doit être entendu dans les 3 jours qui suivent sa suspension). Le médecin peut exercer un recours, contre le préfet, pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif qui statue en référé dans les 48 heures. Le préfet peut, à tout moment, mettre un terme à cette décision.
Retenir : La responsabilité disciplinaire est indépendante de la responsabilité civile pour l'indemnisation des victimes.
Exemple de question concertant la responsabilité disciplinaire du médecin auprès du conseil de l’ordre
Négligence médecin responsabilité disciplinaire
Mon fils de 3 mois et demi est décédé des suites d’une erreur médicale qui a été reconnu par l’hôpital et dont nous avons été indemnisés. Mon fils est décédé d’un surdosage de produit épileptique, mais la raison de son hospitalisation est une méningite bactérienne. J’avais consulté à 3 reprises le médecin de famille qui me soutenait que c’était une bronchiolite. Bref, jusqu’au moment, même pas 2 h après la dernière consultation chez le médecin, il est devenu bleu, les yeux révulsés. Du coup, on appelle le médecin qui nous informe d’aller aux urgences. Ma question est de savoir si le médecin est en tort et si nous pouvons le faire quelque chose auprès du conseil d’ordre des médecins pour une sanction disciplinaire pour qu’il fasse attention à l’avenir ?
Responsabilité disciplinaire du médecin : conclusion
La responsabilité disciplinaire d’un médecin répond à une logique spécifique : faire examiner un éventuel manquement aux obligations déontologiques et professionnelles par la juridiction ordinale. Pour une victime, cette démarche ne doit pas être confondue avec une demande d’indemnisation. Avant d’agir, il est utile d’identifier précisément les faits reprochés, de réunir les pièces disponibles et de déterminer si une démarche disciplinaire doit être menée seule ou parallèlement à un autre recours.

