Accident de la route : Indemnisation du passager

⚠️ La mise en garde réglementaire de l’AVF (Indemnisation du Passager)

« Beaucoup de passagers blessés renoncent à se faire indemniser parce que le conducteur responsable est un proche (conjoint, parent, ami) et qu’ils redoutent de lui causer un tort financier. C’est une erreur majeure : vous n’attaquez pas votre proche, vous actionnez la Responsabilité Civile (RC) obligatoire de son assureur. L’indemnisation de vos préjudices corporels en Droit Commun est intégralement prise en charge par la compagnie d’assurance et n’impacte en rien le patrimoine personnel du conducteur. Ne laissez pas l’assureur exploiter ce conflit d’intérêts familial pour étouffer vos droits. »

En vertu de l’article 3 de la loi Badinter du 5 juillet 1985, le passager transporté bénéficie d’un statut de victime super-protégée lui garantissant la réparation intégrale automatique de ses préjudices corporels. Sauf recherche volontaire de son propre dommage (suicide), aucune faute de conduite ou lien de parenté avec le conducteur ne peut lui être opposé par les compagnies d’assurance pour réduire ses droits.

❓ FAQ — Accident de la route : Indemnisation du passager

1. Le passager est-il toujours indemnisé après un accident de la route ?
Avis technique AVF : Oui. En vertu de la loi Badinter, le passager est indemnisé de façon quasi-automatique, sauf en cas de faute volontaire de sa part (ex. comportement dangereux).
2. Qui indemnise le passager ?
Avis technique AVF : C’est l’assureur du véhicule impliqué qui indemnise le passager blessé, qu’il s’agisse du véhicule responsable ou de celui transportant la victime.
3. Le passager peut-il être indemnisé même si le conducteur est fautif ?
Avis technique AVF : Oui. Contrairement au conducteur, le passager bénéficie d’une protection renforcée et son indemnisation n’est pas réduite en cas de faute du conducteur.
4. Quels préjudices peuvent être indemnisés ?
Avis technique AVF : Tous les préjudices corporels : dépenses de santé, pertes de revenus, souffrances endurées, déficit fonctionnel, préjudice esthétique, préjudice moral, etc.
5. Le passager doit-il prouver la responsabilité ?
Avis technique AVF : Non. L’indemnisation est de droit : il suffit de prouver sa qualité de passager et les dommages subis, sans démontrer la responsabilité du conducteur.
6. Le passager peut-il être indemnisé par le FGAO ?
Avis technique AVF : Oui. Si le véhicule responsable n’est pas assuré ou si le conducteur est non identifié, le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO) indemnise le passager.
7. Quelle est la procédure d’indemnisation ?
Avis technique AVF : L’assureur adresse une offre d’indemnisation après expertise médicale. La victime peut accepter, négocier ou saisir le tribunal si l’offre est insuffisante.
8. Le passager peut-il refuser l’offre de l’assureur ?
Avis technique AVF : Oui. En cas d’offre trop basse, il est conseillé de refuser et de solliciter une contre-expertise médicale ou de saisir le juge compétent.
9. Quels délais pour agir ?
Avis technique AVF : Le passager dispose en principe de 10 ans à compter de la consolidation de son état de santé pour agir en indemnisation.
10. Comment optimiser l’indemnisation ?
Avis technique AVF : En se faisant accompagner par un médecin-conseil de victimes et par les avocats experts en dommage corporel du réseau AVF, afin de garantir une indemnisation complète.

Accident de la route et Indemnisation du passager : explications

Essentiel à retenir

Droit à l’indemnisation intégrale : La Loi Badinter garantit au passager transporté dans un véhicule terrestre à moteur, victime d’un accident de la route, le droit à une indemnisation intégrale pour l’ensemble de ses préjudices. Cette loi facilite la procédure d’indemnisation pour les victimes.

Processus d’expertise médicale : L’assureur réalise des expertises médicales du passager victime afin d’évaluer le montant des provisions à verser initialement et le coût probable de l’indemnisation finale. La victime peut se faire assister par un médecin expert de victimes, surtout au moment de la consolidation de son état de santé.

Indemnisation en cas de décès : En cas d’accident mortel, l’assureur du véhicule doit adresser un questionnaire Badinter aux ayants droit du passager décédé et leur faire une offre d’indemnisation pour le préjudice moral et économique subi, incluant les frais d’obsèques.

Procédure d’indemnisation du passager : L’assurance du véhicule transportant le passager doit envoyer un questionnaire Badinter suite à l’accident. Le passager victime doit le compléter et le retourner rapidement pour lancer le processus d’indemnisation. L’assureur a huit mois pour verser une provision financière suffisante, jusqu’à la consolidation de l’état de santé de la victime.

Réparation intégrale du préjudice : La victime passagère a droit à la réparation intégrale de son préjudice corporel, visant à la remettre dans l’état financier le plus proche possible de celui qu’elle aurait eu sans l’accident. La Loi Badinter impose à l’assureur du véhicule l’obligation d’indemniser intégralement le passager victime, ce qui peut nécessiter l’assistance d’un médecin expert et d’un avocat pour défendre ses droits efficacement.

Voir dans le site faut il appeler la police suite à un accident de la route ?

Sécurité routière et aide aux victimes
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Association AIVF

Expertise médicale et indemnisation du passager

Vous avez été victime d’un accident de la route en tant que passager transporté. La Loi Badinter vous donne la possibilité d’être entièrement indemnisé de l’ensemble de vos préjudices découlant de l’accident de la route. En effet, la Loi Badinter prévoit la réparation intégrale du préjudice pour toute victime alors qu’elle était passager d’un véhicule terrestre à moteur suite à un accident de la route. L’association des accidentés de la route regroupe en faveur des victimes un réseau de bénévoles et de professionnels vous donnant la possibilité d’être indemnisé correctement suite à un accident de la route en tant que passager. Voir comment se passe l’indemnisation des victimes ?

L’assureur peut faire des expertises médicales du passager victime dans le but à la fois de pouvoir apprécier le montant des provisions à verser et dans le but d’évaluer financièrement le coût probable de l’indemnisation finale. L’assureur missionnera ensuite son médecin expert à la consolidation de l’état de santé du passager transporté. C’est sur la base de ce rapport d’expertise donné par son médecin expert qu’il fera alors une offre définitive d’indemnisation. La victime passagère transportée n’a pas forcément intérêt à se faire assister par un médecin expert de victimes aux expertises de l’assureur. C’est surtout à la consolidation que la victime passagère peut réfléchir à l’opportunité d’une telle démarche. N’hésitez pas à contacter l’association au besoin.

Quand l’accident de la route est un accident mortel pour le passager, à quoi ont droit ses ayants droits ?

L’accident mortel du passager donne obligation à l’assureur de la voiture d’adresser à tous les ayants droit du passager un questionnaire Badinter, c’est-à-dire aux parents, grands-parents, frères et sœurs, enfants, petits enfants ou conjoint. L’assureur du véhicule impliqué doit alors adresser ce questionnaire Badinter dans les six semaines qui suivent l’accident de la route. Il a l’obligation ensuite de faire une offre d’indemnisation pour le préjudice moral subi ainsi que pour le préjudice économique ( pertes financières du fait du décès du piéton, frais d’obsèques…). Sur un plan concret, il peut arriver que l’assureur oublie d’adresser aux ayants droit une offre : il peut ne pas avoir connaissance en effet de toute la composition de la famille du passager. Il vous appartient alors de vous faire connaitre auprès de l’assureur afin qu’il vous adresse une offre d’indemnisation. Comment fonctionne la loi Badinter ?

Comment le passager qui est victime d’un accident de la route peut-il être indemnisé ?

Dans un premier temps, c’est l’assurance du véhicule dans lequel le passager est transporté  (passager d’un véhicule individuel, d’un véhicule de transport en commun…) qui doit adresser un questionnaire Badinter dans les six semaines qui suivent l’accident de la route. Le questionnaire est à compléter et à retourner rapidement. L’envoi du document par le passager permet de faire courir les délais qui sont imposés par la loi à l’assureur pour faire l’indemnisation. C’est l’assureur de la voiture dont lequel le passager est transporté qui doit effectuer toutes les démarches de l’indemnisation, à moins que l’assureur d’un autre véhicule impliqué dans l’accident de la route ne revendique le mandat d’indemnisation s’estimant le véhicule qui a la plus grande part de responsabilité. L’assureur du véhicule a huit mois pour verser au passager transporté une provision financière suffisante. Dès lors que le passager n’est pas consolidé au niveau de sa santé,  celui-ci doit en effet avoir une somme d’argent qui suffise à ne pas subir les conséquences de l’accident de la route dans sa vie. La provision financière doit être suffisante, c’est-à-dire que la victime passagère ne doit pas avoir de soucis financiers à cause de l’accident de la route. L’assureur de la voiture mandaté devra ensuite faire une offre d’indemnisation lorsque la victime passagère sera consolidée. L’assureur missionnera au préalable un médecin expert pour évaluer les séquelles définitives.

Quelle indemnisation pour le passager victime d’un accident de la route ?

La victime passagère d’un véhicule terrestre à moteur a le droit à la réparation intégrale de son préjudice corporel : il doit être remis dans l’état financier le plus proche de ce qu’il aurait été s’il n’avait pas eu d’accident de la route. Vous êtes invité à prendre connaissance du contenu du site qui vous propose toutes les connaissances nécessaires pour faire valoir vos droits. Vous pouvez aussi joindre l’association pendant les heures de permanence. La loi Badinter protège de manière particulièrement efficace le passager victime et oblige l’assureur du véhicule à l’indemniser intégralement. Il peut être assez compliqué de faire respecter ses droits à, fortiori lorsqu’il reste des séquelles importantes de l’accident de la route. En tel cas, le passager victime a intérêt à se faire défendre par un médecin expert et un avocat. L’association vous propose son réseau de professionnels.

📍 Cas d’école : L’indemnisation spécifique des passagers de bus et transports en commun

Tout accident impliquant un véhicule terrestre à moteur est susceptible d’entrer dans le cadre de la loi du 5 juillet 1985. Les passagers du bus seront donc systématiquement indemnisés par l’assureur du bus pour tous les dommages corporels ainsi que les conséquences de l’accident de la route. Le principe est la réparation intégrale du préjudice : la victime passagère a le droit d’être indemnisée de toutes les répercussions de l’accident en relation directe et certaine avec l’événement.

Principes de l’indemnisation d’un passager suite à un accident de la route dans un bus

Il n’est pas nécessaire pour la victime de chercher qui est à l’origine de l’accident de bus puisque l’indemnisation des passagers d’un véhicule se fait par l’assureur du véhicule les transportant. L’assureur doit faire parvenir aux passagers victimes de l’accident de bus le questionnaire Badinter dans les 6 semaines suivant cet accident. L’assureur mandaté pourra ainsi prendre connaissance de la situation personnelle et économique de chaque passager. Ce questionnaire doit être retourné au plus vite puisqu’il permet de faire courir les délais de l’assureur afin que le passager victime soit indemnisé plus rapidement. L’assureur a ensuite 8 mois pour faire parvenir aux passagers une provision financière. Celle-ci doit permettre qu’ils n’aient pas de soucis financiers à cause de l’accident de bus. La provision doit être suffisante, elle dépend donc du train de vie du passager victime ainsi que des conséquences financières de l’accident de la route. C’est à la consolidation de l’état de santé du passager victime de l’accident de bus que l’assureur désigne un médecin-conseil afin de procéder à l’expertise médicale . Cette expertise doit permettre d’évaluer les dommages subis par le passager du bus. Ce rapport permet ensuite à l’assureur de calculer l’indemnisation correspondante qui sera soumise au passager du bus victime de l’accident. Cette proposition d’indemnisation peut être contestée par le passager du bus victime de l’accident s’il estime que celle-ci n’est pas correcte au vu des séquelles qu’il a subies, soit à l’amiable, soit devant la justice.

Retenir pour l’indemnisation :

Lorsqu’un passager d’un bus est victime d’un accident de la route, l’indemnisation est prise en charge par l’assureur du véhicule transportant les passagers. Il n’est pas nécessaire de déterminer la responsabilité de l’accident, car l’indemnisation sera effectuée dans tous les cas.

Dans les six semaines suivant l’accident, l’assureur doit envoyer aux passagers concernés un questionnaire Badinter. Il est important de remplir et de renvoyer ce questionnaire rapidement à l’assureur concerné. Le questionnaire Badinter permet à l’assureur d’évaluer la situation de la victime, car le montant de la première offre d’indemnisation dépend en partie de la situation personnelle et financière de celle-ci.

Une fois que le questionnaire Badinter est retourné à l’assureur, celui-ci dispose d’un délai de 8 mois pour verser une première provision à la victime. Cette somme servira à couvrir les frais engendrés par l’accident et permettra d’éviter d’éventuelles difficultés financières résultant de l’accident. Le montant de cette provision dépendra de la situation économique réelle de la victime au moment de l’accident et doit être suffisant pour couvrir tous les frais occasionnés par le sinistre.

📊 Tableau comparatif : Gestion par l’assurance vs Stratégie de Droit Commun de l’AVF

Situation de la victime passagère Gestion classique par la Compagnie d’Assurance Protocole de Défense de Droit Commun (AVF)
Le conducteur est un proche (ami/conjoint) L’assureur joue sur la culpabilité familiale pour vous inciter à accepter une offre forfaitaire basse sans négocier. Désamorçage immédiat : Mobilisation exclusive de la Responsabilité Civile (RC) de la compagnie. Zéro impact sur le proche.
Type d’indemnisation proposé Tentative d’application des plafonds restrictifs d’un contrat optionnel (« Garantie Passager »). Exclusion des contrats : Application stricte de la Loi Badinter et de la Nomenclature Dintilhac en Droit Commun (indemnisation illimitée).
Versement de la provision (Sous 8 mois) Versement de sommes dérisoires (ex: 500 € pour 3 mois) en exigeant des justificatifs abusifs de perte de revenus. Mise en demeure : Exigence de provisions financières massives basées sur le salaire réel (PGPA), sans carence de la Sécurité Sociale.
Évaluation des blessures graves Examen unilatéral mené par le médecin-conseil de la compagnie, qui minore les séquelles invisibles (stress post-traumatique). Expertise contradictoire : Signature préalable d’un Acte de Nomination d’experts et assistance par un médecin-conseil de victimes indépendant.
Séquelles après l’accident (Rachis/Membres) Liquidation rapide du dossier à la consolidation en oubliant l’Incidence Professionnelle et le besoin d’aide humaine. Réparation intégrale : Chiffrage exhaustif de chaque poste (arthrodèse, matériel d’ostéosynthèse, préjudice esthétique permanent).

Exemples de cas réels 

📍 Cas 1 : Pôle Normandie (Rouen / Caen / Le Havre) – Ostéosynthèse lourde et offre amiable agressive

    • L’interrogation de la victime :

      « À la suite d’une perte de contrôle sur une route glissante près de Rouen, le véhicule dont j’étais passager a percuté un bloc de béton. Hospitalisé une semaine, j’ai subi trois fractures de côtes et une fracture vertébrale complexe nécessitant une arthrodèse par ostéosynthèse (pose de 6 vis et injection de ciment chirurgical). La compagnie d’assurance du conducteur vient de m’adresser une première proposition d’indemnisation provisionnelle globale. Je sollicite l’association pour analyser la conformité de cette offre par rapport aux barèmes réels du Droit Commun pour des séquelles rachidiennes aussi lourdes. »

    • La réponse de l’Avocat de l’AVF :
      En tant que passager, l’article 3 de la Loi Badinter vous assure une indemnisation automatique et intégrale par l’assureur du véhicule. Pour un préjudice rachidien lourd impliquant du matériel d’ostéosynthèse, les premières offres des compagnies sous-évaluent systématiquement le Déficit Fonctionnel Permanent (DFP), l’Incidence Professionnelle et le Besoin en Tierce Personne (aide humaine) avant consolidation. Le protocole de l’association impose de refuser toute transaction définitive hâtive et d’exiger une expertise médicale contradictoire formalisée par un Acte de Nomination d’experts afin de chiffrer l’intégralité de la Nomenclature Dintilhac.


📍 Cas 2 : Pôle Hauts-de-France (Lille / Amiens / Calais) – Sortie de route, alcool, réanimation et détresse financière

    • L’interrogation de la victime :

      « Mon frère a été grièvement blessé lors d’un accident près de Lille, alors qu’il était passager d’un véhicule dont le conducteur (sous l’empire de l’alcool et de stupéfiants) a fait une sortie de route au retour d’un festival. Mon frère a subi des fractures de la mâchoire et des vertèbres, ainsi qu’une section artérielle rénale ayant entraîné une perte de fonction d’une partie du rein. Compliqué par une péritonite aiguë et une défaillance respiratoire, il a été placé en réanimation et en coma artificiel. Le conducteur passe en comparution immédiate au Tribunal Correctionnel. Sans ressources, sans protection juridique et dépassant les plafonds de l’aide juridictionnelle, comment pouvons-nous matérialiser le chiffrage de ses préjudices pour sa constitution de partie civile sans s’exposer à des frais insurmontables ? »

    • La réponse de l’Avocat de l’AVF :
      La conduite sous l’empire d’un état alcoolique ou de stupéfiants constitue une faute pénale lourde du conducteur, mais elle n’est pas opposable au passager pour réduire son droit à réparation corporelle. L’assureur du véhicule en faute reste légalement tenu de garantir l’indemnisation de votre frère. L’intervention de l’avocat de l’association permet de solliciter immédiatement du Président du tribunal la désignation d’un expert judiciaire indépendant et le versement d’une provision financière d’urgence substantielle, permettant de couvrir les frais techniques d’assistance (médecin-conseil de victime) sans que vous n’ayez à en faire l’avance.


📍 Cas 3 : Pôle Nouvelle-Aquitaine (Bordeaux / Limoges / Pau) – Polytraumatisme en scooter et consolidation incertaine

    • ‘interrogation de la victime :

      « Passagère d’un scooter percuté à Bordeaux, j’ai subi un polytraumatisme majeur : fracture de l’humérus avec atteinte du nerf radial (paralysie partielle transitoire du bras), fracture du bassin et fracture ouverte du tibia nécessitant un enclouage centro-médullaire du genou à la cheville. Après un séjour en réanimation et un mois en centre de rééducation fonctionnelle, je conserve d’importantes cicatrices inesthétiques, une perte de force motrice permanente et je suis un traitement antidépresseur pour syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Mon avocat s’apprête à transmettre le bilan de l’expertise médicale à l’assureur. Comment évalue-t-elle approximativement les fourchettes d’indemnisation pour un tel cumul de préjudices ? »

    • La réponse de l’Avocat de l’AVF :
      Un tel tableau clinique associe des préjudices patrimoniaux et extra-patrimoniaux majeurs de la Nomenclature Dintilhac. Le chiffrage doit impérativement ventiler le Déficit Fonctionnel Permanent (DFP), le Préjudice Esthétique Permanent (très lourd au niveau du membre supérieur et du membre inférieur) et le Préjudice d’Agrément si vous ne pouvez plus pratiquer vos activités de loisirs. L’avocat de l’association rappelle qu’aucune estimation fiable ne peut être validée avant la lecture minutieuse des taux retenus par le rapport d’expertise consolidé (notamment le chiffrage des Souffrances Endurées).


📍 Cas 4 : Pôle Centre-Val de Loire (Orléans / Tours / Bourges) – Perte de salaire d’une auxiliaire de vie et déni de la Sécurité Sociale

    • L’interrogation de la victime :

      « Passagère lors d’une collision à Orléans, j’ai subi une fracture du sternum avec déplacement et des lèsions costales, m’imposant une immobilité totale de deux mois et l’obligation de dormir assise. Auxiliaire de vie sociale, mon métier exige de lourds efforts physiques que mon état m’interdit de reprendre. N’ayant pas effectué le nombre d’heures requis sur le dernier trimestre, la Sécurité Sociale (CPAM) refuse de me verser des indemnités journalières. L’assureur du conducteur ne m’a versé qu’une provision dérisoire de 500 € pour trois mois de perte de gains. Souffrant d’une déformation du sternum et d’une angoisse routière sévère, que dois-je exiger lors de la future expertise médicale pour pallier ce désastre financier ? »

    • La réponse de l’Avocat de l’AVF :
      Il s’agit d’une tentative de strangulation financière classique exercée par les compagnies. La carence de la Sécurité Sociale impose à l’assureur du véhicule, au titre du Droit Commun, de prendre en charge l’intégralité de vos Pertes de Gains Professionnels Actuels (PGPA) sur présentation de vos derniers bulletins de salaire ou de votre contrat de travail. Lors de l’expertise, l’avocat de l’association fera consigner rigoureusement l’Inaptitude Professionnelle Temporaire, les Souffrances Endurées et l’Incidence Professionnelle future liée à la pénibilité de votre métier d’auxiliaire de vie. Nous mettons immédiatement en demeure l’assureur de vous verser une provision complémentaire décente pour vivre.


📍 Cas 5 : Pôle Bourgogne-Franche-Comté (Dijon / Besançon / Nevers) – Virage brutal en bus urbain et déchirure vésicale par ceinture

    • L’interrogation de la victime :

      « Je sollicite l’association pour deux dossiers de passagers en Bourgogne. D’une part, mon fils de 19 mois a subi des traumatismes faciaux (points de suture au front) après le retournement de sa poussette dans l’emplacement dèdié d’un bus à Dijon, à la suite d’un virage brutal de la conductrice. La régie de transport refuse toute démarche en prétendand que j’aurais dû le porter sur moi. D’autre part, lors d’un choc frontal causé par un automobiliste à contre-sens à Besançon, ma compagne a subi une déchirure de la vessie causée par la décélération de la ceinture de sécurité, diagnostiquée tardivement après deux jours d’urgences extrêmes. Comment devons-nous organiser les recours face à ces deux assureurs ? »

    • La réponse de l’Avocat de l’AVF :
      Pour le premier cas, l’argument de la régie de transport est juridiquement nul. Le bus est un véhicule impliqué au sens de la Loi Badinter ; la manœuvre brusque engage la responsabilité de plein droit de l’exploitant public pour les blessures du nourrisson, sans qu’aucune faute de garde ne puisse vous être opposée. Pour le second cas, la déchirure vésicale et les complications chirurgicales subies par votre compagne (infection péritonéale) intègrent de plein droit les Souffrances Endurées (Pretium Doloris) au titre de la réparation intégrale. L’avocat de l’association conseille pour ces deux dossiers de formaliser une déclaration de sinistre corporel et de refuser toute tentative de règlement forfaitaire amiable sans examen médical indépendant.


⚖️ Jurisprudence — Indemnisation du passager (accident de la route)

Statut du passager
Cass. 2e civ., 9 nov. 1983
Cour de cassation, 2e chambre civile

Le passager d’un véhicule impliqué dans un accident de la circulation
est une victime directe non conductrice.
À ce titre, il bénéficie du régime protecteur instauré par
la loi Badinter du 5 juillet 1985,
ouvrant droit à l’indemnisation de l’ensemble de ses préjudices corporels.

Principe d’indemnisation
Cass. 2e civ., 13 déc. 2007, n° 06-19.491
Cour de cassation, 2e chambre civile

Le passager victime est indemnisé indépendamment de toute faute
commise par le conducteur ou par un autre impliqué.
Sa propre faute est, en principe, sans incidence sur son droit à réparation,
sauf hypothèse exceptionnelle de faute inexcusable.

Faute du passager
Cass. 2e civ., 20 juill. 1987
Cour de cassation, 2e chambre civile

La faute du passager ne peut limiter ou exclure son indemnisation
que si elle présente un caractère inexcusable,
c’est-à-dire une faute volontaire d’une exceptionnelle gravité,
exposant sans raison valable son auteur à un danger dont il aurait dû
avoir conscience.

Passager transporté à titre gratuit
Cass. 2e civ., 18 janv. 1995
Cour de cassation, 2e chambre civile

Le caractère gratuit ou bénévole du transport est sans incidence
sur le droit à indemnisation.
Le passager transporté à titre gratuit bénéficie de la
même protection que tout autre passager victime d’un accident
de la circulation.

Pluralité de véhicules impliqués
Cass. 2e civ., 29 mars 2018
Cour de cassation, 2e chambre civile

En cas d’accident complexe impliquant plusieurs véhicules,
le passager peut demander réparation à l’assureur de
n’importe quel véhicule impliqué,
sans avoir à établir une faute précise,
conformément à l’objectif indemnitaire de la loi Badinter.

📌 Essentiel à retenir : Indemnisation du passager

    • Protection automatique et d’ordre public : En vertu de la Loi Badinter, le passager d’un véhicule impliqué est une victime directe non conductrice super-protégée. Son droit à réparation est absolu indépendamment de toute responsabilité.
    • Neutralisation du lien de parenté ou de proximité : Faire valoir vos droits n’impacte jamais les deniers personnels d’un conducteur proche (ami, conjoint, parent). L’indemnisation est entièrement supportée par la Responsabilité Civile (RC) de la compagnie d’assurance.
    • Délais stricts imposés aux compagnies : L’assureur du véhicule dispose d’un délai légal de 6 semaines après l’accident pour vous envoyer le questionnaire Badinter. À réception, il a l’obligation de verser une provision financière suffisante dans les 8 mois.
    • Exclusion des plafonds contractuels : Le caractère gratuit du transport ou l’existence de conventions internes n’autorise pas l’assureur à restreindre vos indemnités. Vous êtes en droit d’exiger l’application de la Nomenclature Dintilhac en Droit Commun.


🏁 Conclusion concernant l’indemnisation du passager

La Loi Badinter du 5 juillet 1985 ôte tout pouvoir d’arbitrage restrictif aux compagnies d’assurance face aux passagers de véhicules individuels ou de transports en commun. Parce que le législateur a sanctuarisé ce statut de victime protégée, aucune compagnie ne peut limiter vos provisions ou votre offre finale sous prétexte de conflits de responsabilités ou de clauses restrictives privées.
La seule règle d’ordre public qui s’applique est celle de la réparation intégrale. Devant la lourdeur des préjudices anatomiques constatés sur le terrain (ostéosynthèse, traumatismes internes ou crâniens), l’association invite les familles à rejeter systématiquement les chiffrages forfaitaires unilatéraux des assureurs. L’évaluation objective des séquelles, arbitrée de manière contradictoire, reste l’unique voie pour garantir un avenir financier digne et sécurisé.

📂 Sources et références juridiques

  • Loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 (Loi Badinter) : Article 3 d’ordre public définissant l’indemnisation de plein droit des victimes non conductrices transportées, sans réduction possible de leur droit à réparation du dommage corporel.
  • Articles L. 211-9 à L. 211-13 du Code des assurances : Dispositions encadrant les obligations et les sanctions des compagnies d’assurance, notamment le délai d’envoi du questionnaire Badinter (6 semaines) et du versement des provisions (8 mois).
  • Jurisprudence de la Cour de cassation sur la faute du passager (Cass. 2e civ., 20 juillet 1987) : Arrêt confirmant qu’aucune faute simple ne peut restreindre l’indemnisation d’un passager, sauf faute inexcusable volontaire d’une exceptionnelle gravité qui aurait été la cause exclusive de l’accident.
  • Jurisprudence de la Cour de cassation sur le transport bénévole (Cass. 2e civ., 18 janvier 1995) : Règle constante de droit affirmant que la gratuité du transport ou la nature des liens (familiaux, amicaux) n’altère en rien l’obligation de réparation intégrale en Droit Commun.
  • Jurisprudence de la Cour de cassation sur la pluralité de véhicules (Cass. 2e civ., 29 mars 2018) : Décision autorisant le passager à réclamer l’intégralité de ses indemnités à l’assureur de n’importe lequel des véhicules impliqués dans le sinistre, sans avoir à prouver une quelconque faute.

📚 Sujets connexes et démarches complémentaires conseillées

Afin de sécuriser votre parcours d’indemnisation et de préparer au mieux les prochaines étapes de votre dossier de dommage corporel, l’association vous invite à consulter ses guides pratiques :
    • 1. Le recours en cas d’Accident non responsable : Découvrez comment faire valoir vos droits de plein droit face aux compagnies adverses et pourquoi vous devez refuser les barèmes transactionnels simplifiés de votre propre assureur.
    • 2. La Notion de victime directe et de préjudice corporel : Apprenez à lister de manière exhaustive l’ensemble des dommages physiques, psychologiques et financiers subis par la personne impactée par le choc, selon la Nomenclature Dintilhac.
    • 3. Guide d’indemnisation en cas d’accident mortel du passager : Comprenez les droits spécifiques des proches (parents, conjoints, enfants) au titre du préjudice d’affection, des pertes économiques du foyer et de la prise en charge des frais d’obsèques.