Comment est indemnisé le préjudice d’accompagnement ?

Le préjudice d’accompagnement répare les bouleversements subis par les proches qui accompagnent une victime gravement atteinte jusqu’à son décès. Il tient compte des changements dans leurs conditions d’existence et de la proximité entretenue avec la victime pendant cette période. Il est distinct du préjudice d’affection lié à la souffrance provoquée par le décès.

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Association AVF

Auteur de cette page sur le préjudice d’accompagnement

Cette page est préparée et relue par l’équipe éditoriale de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), à partir de la nomenclature des préjudices corporels et de la jurisprudence utile, afin d’expliquer simplement le préjudice d’accompagnement et de le distinguer du préjudice d’affection. Pour mieux connaître notre mission : Qui sommes-nous ?

Préjudice d’accompagnement et préjudice d’affection : quelle différence ?

Poste Ce qu’il répare Période concernée
Préjudice d’accompagnement Les troubles et bouleversements dans les conditions d’existence du proche liés à l’état de la victime directe et à son accompagnement. Pendant la maladie traumatique et jusqu’au décès, dans la définition classique du préjudice d’accompagnement de fin de vie.
Préjudice d’affection La souffrance morale personnelle liée à la perte d’un proche. Elle résulte du décès et doit être évaluée distinctement du préjudice d’accompagnement.

L’essentiel à retenir sur le préjudice d’accompagnement

  • Il s’agit d’un préjudice personnel de la victime indirecte, distinct des préjudices subis par la victime directe.
  • Dans sa définition de fin de vie, il répare le bouleversement des conditions d’existence du proche pendant la maladie traumatique et jusqu’au décès.
  • La jurisprudence a notamment exigé de caractériser une communauté de vie effective et les troubles réellement subis dans les conditions d’existence.
  • Le préjudice d’accompagnement et le préjudice d’affection sont distincts et doivent être évalués séparément lorsqu’ils sont tous deux caractérisés.

❓ FAQ — Préjudice d’accompagnement : définition

1. Qu’est-ce que le préjudice d’accompagnement ?
Le préjudice d’accompagnement indemnise les proches qui subissent des souffrances morales et bouleversements liés à l’accompagnement d’une victime gravement atteinte avant son décès.
2. Qui peut demander l’indemnisation de ce préjudice ?
Les proches de la victime décédée : conjoint, enfants, parents, frères et sœurs, ou toute personne justifiant d’un lien affectif stable et durable.
3. Quelle différence avec le préjudice moral ?
Le préjudice moral indemnise la douleur liée à la perte elle-même. Le préjudice d’accompagnement indemnise la période de souffrance vécue pendant l’accompagnement de la victime avant son décès.
4. Quels éléments sont pris en compte ?
La durée de la maladie ou du traumatisme, l’intensité de la présence auprès de la victime, les contraintes psychologiques, familiales et parfois financières liées à l’accompagnement.
5. Quels documents peuvent servir de preuves ?
Certificats médicaux, attestations de proches, justificatifs de visites régulières, arrêts de travail, et tout élément démontrant l’implication auprès de la victime.
6. Quel est le montant de l’indemnisation ?
Il varie selon la jurisprudence, généralement entre quelques milliers d’euros et plus de 20 000 €, selon la proximité du lien et la durée d’accompagnement.
7. Peut-il être cumulé avec d’autres préjudices ?
Oui, il peut s’ajouter au préjudice moral, au préjudice économique et aux frais divers liés au décès (obsèques, déplacements, etc.).
8. Existe-t-il un barème officiel ?
Non, mais les juges se réfèrent à des barèmes indicatifs et à la jurisprudence récente pour fixer les montants d’indemnisation.
9. Comment faire valoir ce préjudice ?
Il est reconnu lors des procédures d’indemnisation (amiable ou judiciaire) et doit être clairement demandé par l’avocat représentant les proches de la victime.
10. Pourquoi se faire assister d’un avocat ?
Un avocat spécialisé en dommage corporel veille à la reconnaissance du préjudice d’accompagnement et à l’obtention d’une indemnisation juste en fonction des circonstances.


Préjudice d’accompagnement définition

Essentiel à retenir

  1. Le préjudice d’accompagnement, aussi appelé préjudice d’accompagnement spécifique, est un dommage moral et matériel subi par une personne proche d’une victime directe d’un accident grave ou d’un fait dommageable.
  2. Il vise à indemniser les conséquences néfastes que la situation a sur la vie quotidienne et les relations de la personne accompagnante avec la victime, et s’inscrit dans le cadre de l’indemnisation des préjudices moraux suite à des événements tels qu’un accident de la circulation.
  3. Ce préjudice est évalué en prenant en compte les pertes de revenus, les frais funéraires, les modifications dans la vie quotidienne, et d’autres aspects matériels et psychologiques résultant de l’assistance à la victime.
  4. Les proches directement impliqués dans l’assistance à la victime, tels que le conjoint, les enfants, les parents, peuvent être concernés par ce préjudice.
  5. L’évaluation du préjudice d’accompagnement est personnalisée, prenant en compte la proximité affective plutôt que juridique, et sa reconnaissance permet aux proches d’obtenir une indemnisation financière pour compenser les troubles subis dans leur vie quotidienne.

Le préjudice d’accompagnement est un poste de préjudice lié au préjudice moral, indemnisation suite à un accident de la circulation par exemple. Le préjudice d’accompagnement, également appelé préjudice d’accompagnement spécifique, désigne un dommage moral et matériel subi par une personne proche d’une victime directe d’un accident ou d’un fait dommageable grave, souvent entraînant des séquelles permanentes, un handicap, voire le décès. Ce préjudice vise à indemniser les conséquences néfastes que la situation a sur la vie quotidienne et les relations de la personne accompagnante avec la victime.

Préjudice d’accompagnement explications

Ce poste de préjudice vise à indemniser la famille ou les proches de la victime de l’accident de la route lorsque la victime directe de l’accident est gravement blessée. Le préjudice d’accompagnement traduit « les troubles dans les conditions d’existence d’un proche, qui partageait habituellement sa communauté de vie affective avec la personne décédée à la suite du dommage ». Ce préjudice d’accompagnement ne vise pas uniquement à indemniser la famille mais également toute personne ayant une réelle proximité affective avec le défunt. Ce poste de préjudice est retenu dans le rapport d’expertise par le médecin conseil désigné s’il relève l’existence d’un préjudice d’accompagnement. Le préjudice d’accompagnement est prévu afin de réparer un préjudice moral, dont sont victimes les proches de la victime directe pendant la maladie traumatique de celle-ci jusqu’à son décès. Le préjudice d’accompagnement a pour objet d’indemniser les bouleversements que le décès de la victime directe entraîne sur le mode de vie de ses proches au quotidien. Le préjudice d’accompagnement traduit les troubles dans les conditions d’existence d’un proche, qui partageait habituellement une communauté de vie effective avec la personne décédée à la suite du dommage. Les proches doivent avoir partagé une communauté de vie effective et affective avec la victime directe, laquelle ne doit pas être exclusivement définie par référence au degré de parenté. L’évaluation du préjudice d’accompagnement doit être très personnalisée, car il ne s’agit pas ici d’indemniser systématiquement les personnes ayant une proximité juridique avec la victime directe, mais plutôt celles bénéficiant d’une réelle proximité affective avec celle-ci.

Caractéristiques du préjudice d’accompagnement :

  1. Nature du préjudice : Il englobe à la fois des aspects psychologiques (souffrance morale, anxiété, détresse) et des aspects matériels liés aux contraintes résultant de l’accompagnement de la victime.
  2. Personnes concernées : Les proches directement impliqués dans l’assistance à la victime, tels que le conjoint, les enfants, les parents, peuvent être concernés par ce préjudice.
  3. Causes : Le préjudice d’accompagnement est généralement déclenché par des circonstances graves, comme un accident de la route, un accident médical, ou tout autre événement générant des conséquences importantes pour la victime.
  4. Évaluation : L’évaluation de ce préjudice se base sur l’impact spécifique qu’a eu l’accident sur la vie quotidienne de la personne accompagnante, prenant en compte des facteurs tels que la perte d’autonomie de la victime, la nécessité d’assistance constante, et les modifications apportées au mode de vie.
  5. Indemnisation : La reconnaissance du préjudice d’accompagnement permet aux proches d’obtenir une indemnisation financière visant à compenser les troubles subis dans leur vie quotidienne du fait de l’accompagnement de la victime.
  6. Distinction avec d’autres préjudices : Il se distingue d’autres préjudices, tels que le préjudice moral ou le préjudice d’affection, en mettant l’accent sur les changements concrets dans la vie quotidienne des accompagnants.

Le préjudice d’accompagnement vise ainsi à prendre en considération la dimension humaine et quotidienne des conséquences engendrées par un événement dommageable, mettant en lumière l’importance de l’accompagnement et du soutien dans la vie des victimes et de leurs proches.

Conseils de l’association indemnisation accident de la route et circulation

Si vous vous posez des questions concernant l’indemnisation du préjudice d’accompagnement, contactez l’association indemnisation accident de la route afin d’obtenir d’avantage d’informations.

 

A retenir : 
Le préjudice d'accompagnement existe bien mais il est très rare. 

Exemples questions de victime sur le préjudice d’accompagnement

Préjudice d’accompagnement

Je recherche un avocat en droit médical compétent dans les domaines de la responsabilité des hôpitaux, droit médical, droit de la santé, droit pénal, compétent dans les préjudices ( accompagnement, affection etc.. ) pour m’assister dans une affaire qui concerne la maltraitance médicale et l’euthanasie de ma mère. J’ai porté plainte au Procureur de la République, qui a classé l’affaire, puis j’ai saisi le doyen des juges d‘instruction, mais l’affaire n’avance pas. J’avais un avocat généraliste qui ne s’occupait pas bien de l’affaire, j’ai donc arrêté la collaboration. Je souhaite trouver un avocat spécialisé pour prendre en main l’affaire de ma mère :
=> pour faire reconnaître les préjudices qu’elle a subis (maltraitance médicale et médicamenteuse, infections nosocomiales, pratiques euthanasiques de diverses natures, et euthanasie sauvage),
=> pour faire reconnaître les préjudices que nous avons subi en tant que famille (préjudice d‘accompagnement, préjudice des victimes par ricochet : préjudice d‘affection, retentissement pathologique, préjudice extra-patrimonial exceptionnel, etc…).

Autres questions

  1. Comment est évalué le préjudice d’accompagnement et quels sont les critères pris en compte lors de cette évaluation ?
  2. Est-ce que les proches doivent avoir un lien familial avec la victime directe pour être éligibles à une indemnisation du préjudice d’accompagnement ?
  3. Quels sont les principaux éléments matériels et psychologiques pris en considération pour évaluer le préjudice d’accompagnement ?
  4. Comment distinguer le préjudice d’accompagnement d’autres préjudices moraux tels que le préjudice moral ou le préjudice d’affection ?
  5. Si la victime directe est décédée à la suite de l’accident, quels sont les types de pertes de revenus et de modifications dans la vie quotidienne des proches qui peuvent être indemnisés ?
  6. En cas de doute sur l’indemnisation du préjudice d’accompagnement, quelle assistance l’association peut-elle fournir pour clarifier la situation et conseiller les proches de la victime ?

⚖️ Jurisprudence — Préjudice d’accompagnement

Reconnaissance
Cass. civ. 2e, 14 janv. 2016, n° 14-29.184
Cour de cassation, 2e chambre civile

Le préjudice d’accompagnement vise à indemniser la souffrance morale et les bouleversements de vie subis par les proches d’une victime gravement atteinte, qui l’ont assistée jusqu’à son décès.

Distinction
Cass. civ. 2e, 15 avr. 2010, n° 09-13.591
Cour de cassation, 2e chambre civile

Le préjudice d’accompagnement est distinct du préjudice d’affection : il indemnise non pas la douleur liée à la perte, mais les souffrances et les contraintes vécues durant la maladie ou la dépendance de la victime avant son décès.

Conditions
Cass. civ. 2e, 2 juill. 2015, n° 14-18.431
Cour de cassation, 2e chambre civile

Pour ouvrir droit à indemnisation, le proche doit établir avoir partagé la vie quotidienne de la victime et avoir assumé un rôle actif dans l’accompagnement de sa maladie ou de son handicap jusqu’à la fin de vie.

Cumul des postes
Cass. civ. 2e, 4 juill. 2019, n° 18-17.626
Cour de cassation, 2e chambre civile

Le préjudice d’accompagnement peut être indemnisé cumulativement avec le préjudice d’affection et, le cas échéant, avec les pertes patrimoniales subies, dès lors que ces postes réparent des atteintes distinctes.

Appréciation souveraine
Cass. civ. 2e, 12 nov. 2020, n° 19-18.833
Cour de cassation, 2e chambre civile

L’évaluation du préjudice d’accompagnement relève de l’appréciation souveraine des juges du fond, qui doivent tenir compte de la durée, de l’intensité et des contraintes particulières de l’accompagnement effectué.

Conclusion : distinguer l’accompagnement de la douleur liée au décès

Pour présenter correctement ce poste, il faut décrire concrètement les changements de vie imposés au proche pendant la période d’accompagnement : présence auprès de la victime, organisation familiale bouleversée et autres perturbations personnelles démontrables. Cette analyse doit rester distincte de la souffrance morale liée au décès, qui relève du préjudice d’affection.